28 octobre 2005

Para one, pour les intimes

-Para one : Clubhoppn ep : 2005 : France ****(/5)

"J'aime bien baiser les vieilles pour leur argent.

Les jeunes, jaime leur faire l'amour,

boire avec elle, danser.

Surtout j'aime lecher les jeunes.

Les vieilles, qu'elles aillent se faire foutre!"

Une amorce poetique pour le titre "la tele l'apres midi" premier morceau du Ep de Para one, "clubhoppn". Morceau magnifique et hypnotique tout en nuance, avec des montees en puissance entetantes et des melodies hachurees, sonoritees tres cheres au duo fuck-a-loop (paraone+tacteel), un morceau a l'image de tout l'Ep qui s'avere etre assez brillant. Le deuxieme morceau, plus calme et intriguant, est l'occasion d'un featuring du genial rappeur baroque Busdriver. "Severed God limbs" nous donne a la fois envie de reecouter "fear of a black tangent" (dernier et excellent album du Mc sorti chez big dada) et "batards sensibles"... un morceau assez impressionnant qui laisse place a une envolee de basse un peu free jazz, liberte de ton peu frequente dans les instrus hip hop. Un truc me tracasse cependant, Paraone sample un accords de piano qui me dit quelque chose, mais j'arrive pas a me rappeler ou je l'ai entendu et ca me torture depuis un moment.

Avec la face B on n'est pas en reste, elle s'ouvre avec le titre "cluphoppn" et ses petites voix samplees. Un morceau tres tres efficace qui rappel beaucoup tout ce qui se fait en ce moment, comme modeslektor ou bien le nouveau Tepr, artistes auxquels Para one n'a vraiment rien a envier, bien au contraire. Le son est impressionnament maitrise et ca donne vraiment envie de voir une session Live, ce qui est difficile quand on est a Toulouse. Pour cloturer cet Ep Para one nous offre la version instrumentale de "severed God limbs" qui nous permet d'apprecier pleinement ce travail de joallier effectue par le producteur. Un Ep qui nous laisse un bon gout dans les oreilles et qui nous fait esperer la sortie prochaine d'un album.

25 octobre 2005

En attendant "cote ouest"

-Tepr : the deadly master of rappers from hell : 2003 : France 16/20

Alors que "cote ouest" est sorti il y a 5 jours maintenant, il me semble bon de revenir sur le premier album de ce sacre Tanguy Destable (j'aime bien parler des gens que je venere comme si c'etait des vieux potes), a.k.a TePR, "the deadly master of rappers from hell".

Quand je l'ai commande au non moins magnifique label Idwet l'an dernier, je dois avouer (je me fouette en le disant) avoir eu peur d'acheter une replique d'un album d'abstract keal agram... aie. Grave erreur, tres lourde de consequence, car apres avoir glisse le cd dans le lecteur, enfile mon casque et appuye sur le bouton "play", ca a commence a faire mal. En effet, "prairie" le premier morceau est une longue et douce mise en bouche sur ce que sera la souffrance provoque par un album si beau et etonnament surprennant.

On rentre dans un monde fantastique, peuple de melodies synthetiques toutes douces qui fondent dans les oreilles mais pas dans les enceintes, un monde de beats destrustures, un monde ou l'on croise des trompettes hallucinnees sorties de je ne sais quel vieil album de jazz, un monde obscur mais aussi doux et leger comme un nuage... on se croirait dans un episode des bisounours sous acide.

Un monde ou l'on croise meme des morceaux de ce bon vieux Robert le magnifique, puisque le titre "Krow ta" n'est autre qu'un tres reussi remix de "artwork" sorti sur son premier album.

Mon morceau prefere arrive en avant derniere position, "Tepr empereur" avec sa guitare qui rappel les morceaux de post rock canadiens (sing reign rebuilder, a silver mount zion), mais le tout est rehaussee par des beats exquis. L'album se clot avec "hier soir" qui constitut, avec son piano repetitif et ses voix dissimulees, une nouvelle musique precieuse a ajouter au beau bijoux qu'est ce disque.

Soit, un album au rythme delicieusement destructure, aux melodie magiques et aux influences multiples, pas seulement un album d'abstract hip hop ennuyeux ou difficile d'acces, mais un veritable voyage electronique au pays des merveilles de Tepr, qui se finit avec le bruit des vagues qui s'ecrasent sur la plage (delicate attention).

05 octobre 2005

Berlin c'est bien

Modeselektor : Hello mom! : 2005 : Allemagne 15/20

Apres l'album de phon.o (que je n'ai peu qu'ecouter partiellement, j'attend toujour qu'un maudit allemand ce decide a me l'envoyer) j'attendais avec impatience le premier album de ce sympathique duo appele Modeslektor. Derniere sortie du label bpitch control, fonde par la charmante Ellen Alien, les attentes sont donc grandes...

Premiere bonne surprise, l'album s'ouvre sur l'excellent "Dancing box", fruit d'une collaboration plus que reussi avec nos trois MCs preferes : TTC! Les voix sont completement dechiquetees rendant les textes presques incomprehensibles et renforcant l'aspect syncope du morceau. Seule quelques sons provoques par les cordes vocales de teki, cuiz et tido sont audibles, comme si les deux allemands voulaient nous faire decouvrir ce que l'on entend quand on ecoute TTC, qu'on est etranger  et qu'on comprend rien. L'atmosphere musicale rappel le travail du groupe sur l'album "batards sensibles" tout en imposant un son particulier.

Un son particulier donc, tres synthetique voir carrement techno, en tout cas toujour surprenant melangeant beaucoup de sonoritees dances, hip hop et meme acid. Les beats sont bien sentis, agreablement enchaines et modifie notre rythme cardiaque d'une extreme a l'autre avec pas mal d'aisance, le tout soutenu par des lignes de basses lourdes et rigolotes (terme trop peu employe a mon gout).

Apres trois ou quatre gros morceaux impressionant (le dansant "clubnummer" ou l'obscur et moite "rapanthem") la cadence semble un peu s'essouffler et les sonorites tres synthetiques poussent l'ennui a pointer le bout de son nez. Mais alors que je commencais a regretter quelques peu mon achat et mon manque d'ouverture d'esprit envers l'electro froide et repetitive arrive "earth" qui reveil mon interet. Ce dernier laissera vite place a un enthousiasme sincere avec le morceau en collaboration avec Paul St Hilaire, "fake emotion", qui donne envie de faire des caresses toute l'apres midi a sa copine... manuviesque!

Et c'est pas fini! Modeslektor enchaine avec un magnifique morceau plein d'orgues qui font des accords mineurs et de petits beats qui font plic ploc de partout qui donnent un aspect cristallin, en contre partie soutenus par des beats satures... magique a la maniere des plus beau morceau de Tepr.

Apres, reclaque! "Hasir" est un morceau genial de plus, base sur un sample de cithare, genre musique nord africaine, exotique et entetant... on se croirait dans un souc sous psychotrope. Puis "Silikon", un morceau qui bounce, troisieme et derniere collaboration de l'album et c'est avec Sasha Perera la MC Sri lankaise du groupe berlinois "Jahcoozi" qui, a l'instar de Yarah Bravo, nous prouve que dans le milieu du hip hop il y a aussi des femmes qui dechires leur maman avec un micro! En cloture "I love you" tres aerien, qui rappel un peu les morceau qu'on trouve sur les compil' lounge un peu vaseuse, accompagne d'un beat discret mais solide qui porte ce morceau qui sonne un peu comme une plaisanterie, bien que plein de charme...

Il faut avouer qu'apres plusieurs ecoutes assidues, je prend beaucoup plus de plaisir a reecouter l'album dans son integralite, et ce qui ma semble etre une perte de vigueur a la premiere ecoute est maintenant pour moi une escapade plus experimentale, moins accessible, mais certainement pas denuee d'interet.

Maintenant je n'attend plus qu'une seule chose, la riposte francaise de Tepr avec son album "cote ouest" qui sera forcement genial et qui comporte une collaboration avec Cuizinier... decidemment ils sont partout ces enfoires.

P.S: si vous ne savez pas quoi faire de votre argent achetez moi le maxi "29 til' I die", maxi de Tepr sorti chez idwet pour nous faire patienter en attendant son album.

Toutes les notes